Caroline Derumigny est citée dans le numéro de mai 2026 du magazine Marie France, à l’occasion d’un dossier consacré aux secrets de famille intitulé « Secrets de famille : j’en fais quoi ? », signé par la journaliste Clémence Roux. Un article grand public éclairant, qui donne la parole à plusieurs témoins et professionnels, dont notre psycho-analyste clinicienne, autrice du Livre des secrets de famille aux éditions Jouvence.

Les secrets de famille, un sujet universel

Ce que le dossier de Marie France met en lumière, c’est une évidence trop souvent occultée : aucune famille n’échappe totalement aux zones de silence. Il n’est pas nécessaire d’avoir vécu un drame spectaculaire pour porter en soi les traces d’un non-dit familial. Un patronyme mal orthographié, un oncle dont on ne parlait jamais, une date que personne ne parvient plus à situer : ce sont parfois ces détails, en apparence anodins, qui révèlent l’existence d’un secret.

C’est précisément ce que Caroline défend dans son approche : toutes les familles portent des zones de tabou qui affectent le quotidien, même sans révélation fracassante. Enfants cachés, faillites tues, adoptions non-dites, adultères oubliés, violences enfouies… autant de récits familiaux marqués par le silence, plutôt que par le mensonge.

Les trois conditions d’un secret de famille selon Serge Tisseron

L’article de Clémence Roux rappelle une théorie fondatrice, celle du psychiatre Serge Tisseron, qui identifie trois conditions au secret de famille :

  • Le non-dit, cette information soustraite à la parole,
  • L’interdit de savoir, cette barrière posée autour de la question,
  • La dimension douloureuse, cet impact émotionnel qui traverse les générations.

Une lecture que Caroline enrichit dans sa pratique en cabinet : dans le secret de famille, ce n’est pas tant l’événement qui compte, mais la manière dont il a été vécu, tu, et transmis. C’est le silence organisé autour du fait, plus que le fait lui-même, qui laisse une empreinte durable dans la lignée.

Ce qui alerte : les signaux à repérer

Comment savoir si l’on porte un secret qui ne nous appartient pas ? Dans Marie France, Caroline énumère plusieurs signaux qu’elle rencontre régulièrement dans son cabinet :

  • La répétition d’événements malheureux à travers la lignée : maladies récurrentes, échecs, ruptures, accidents à des âges similaires.
  • Les incohérences dans les récits familiaux : deux versions d’une même histoire, un détail qui ne colle pas, une date qui glisse d’une conversation à l’autre.
  • Les silences soudains qui s’installent quand on évoque le nom d’une personne, ou les hésitations mémorielles récurrentes.
  • Des émotions débordantes ou des pensées irrationnelles face à certaines situations, sans lien évident avec sa propre histoire.

Un autre indicateur précieux, que Caroline évoque régulièrement dans son travail : le corps. Il possède une mémoire cellulaire qui informe, souvent en amont de la conscience. Écouter ses ressentis physiques, ses malaises inexpliqués, ses réactions disproportionnées, c’est ouvrir un dialogue avec soi-même.

La révélation vécue comme un deuil

L’un des passages les plus éclairants du dossier de Marie France concerne le processus émotionnel de la découverte d’un secret de famille. Caroline y décrit un cheminement semblable à celui du deuil.

Au commencement, il y a la sidération : cette impression que tout ce que l’on croyait vrai vacille. Vient ensuite la colère, souvent dirigée contre ceux qui ont su et n’ont rien dit. Puis la tristesse : le chagrin d’une souffrance vécue, ou pire, transmise à son insu.

Suit une phase d’interrogation : qu’aurait été notre vie si nous avions su ? Est-il possible de réparer le passé ? Enfin arrive le temps de l’intégration et de l’apaisement, où l’on comprend et où l’on accepte. C’est alors, et alors seulement, que du sens peut être remis dans notre existence.

« Ce chemin peut être douloureux, mais il est profondément libérateur. »

Libérateur pour soi, d’abord. Mais aussi pour les générations suivantes, qui n’auront plus à vivre dans l’ombre de ce qui a été tu.

Un dossier à retrouver en kiosque

Le dossier complet, richement illustré par plusieurs témoignages et par les analyses de Caroline Derumigny et d’autres spécialistes, est à retrouver dans le numéro de mai 2026 du magazine Marie France, actuellement en kiosque. Un contenu accessible, bien mené, qui donne des clés concrètes pour aborder un sujet qui touche, à des degrés divers, l’immense majorité des familles.

Le dossier propose également une bibliographie de trois ouvrages complémentaires pour approfondir : Les Secrets de famille de Serge Tisseron (Que sais-je ?), Le Livre des secrets de famille de Caroline Derumigny (Jouvence), et Danser sur vos pas de Sophie Rouvier (Mazarine).

Pour aller plus loin

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Article « Secrets de famille : j’en fais quoi ? », par Clémence Roux, Marie France, n°345, mai 2026, pages 49-50.

Caroline Derumigny

Psycho-analyste clinicienne, j'accompagne avec bienveillance et écoute ceux qui traversent des difficultés, grâce à une approche thérapeutique intégrative et holistique. Forte d'une longue expérience dans le secteur médico-social, je m'appuie sur le lien corps-esprit pour vous aider à mobiliser vos propres ressources. Je suis également formatrice, consultante accessible en Langue des Signes Française (LSF), et auteure de Des racines et vous (2022) et Le Livre des secrets de famille (2025).